Espace public privatisé.

Vous vous souviendrez de notre « carte postale » à propos de l’immense cube bleu qui a occupé la place De Brouckère tout au long de l’été. Il apparaît aujourd’hui que cette installation se serait faite sans permis et sans contribution financière.

C’est suite à une interpellation de la députée Lotte Stoops (Groen) que la secrétaire d’Etat Audrey Henry (MR) a confirmé que cette installation ne disposait pas de permis d’urbanisme valable. Il semble aussi que cette occupation aurait été accordée à titre gratuit, alors que le spectacle aurait généré un revenu brut de 110.000 euros, toujours selon la députée.

« L’espace public est à tous les Bruxellois. Quiconque octroie durant un été une place publique au profit d’un projet commercial doit au moins s’assurer que les règles seront respectées et être transparent sur ce que la ville en retire », a insisté l’élue verte. Qu’en pense la Ville de Bruxelles ?

 

 

Espace public grignoté.

Hôtels, restaurants et cafés  (HoReCa) se plaignent régulièrement de leur faible rentabilité. De janvier à août 2026 Statbel y a enregistré 235 faillites. Quelques grands noms figurent ICI. Paradoxalement, la Ville et les communes n’arrêtent pas d’attribuer des affectations HoReCa à des surfaces commerciales générales utiles aux habitants. Ils vont même jusqu’à régulariser la situation d’établissements HoReCa ouverts en toute illégalité.

Même les habitants qui se réjouissent de pouvoir s’y installer en été, se plaignent de leur multiplication qui cause trop souvent des nuisances, notamment sonores. Ils se plaignent aussi des terrasses « Covid » qui perdurent et que la Région veut pérenniser. Il en va  de la dégradation d’un espace public  qui devient plus difficilement praticable, particulièrement pour les personnes à mobilité réduite ou avec poussettes.

Le centre-ville finit par devenir une sorte de parc d’attractions, dont se réjouissent les grandes chaînes de fast-food, qui se multiplient et font la publicité de la malbouffe. Les jeunes et les touristes en sont souvent friands, même au mépris de leur santé. Avec quelques sodas trop sucrés en prime. Il nous faudra revenir sur l’affectation des espaces publics et de leur privatisation.

Pas de colère sociale en Flandre ?

« Pourquoi les manifestations dégénèrent à ce point en France et en Belgique francophone, deux régions où – ironie du sort – l’État-providence a été maintenu à flot pendant des années à coups de dépenses financées à crédit. Enseignement bon marché, allocations généreuses, départs précoces à la retraite… Rien n’était trop beau. » C’est une question posée par Het Laatste Nieuws dans cet article traduit par DaarDaar.

Et d’asséner : « Les francophones ont fini par considérer tous ces avantages comme des acquis. Même face à des déficits budgétaires abyssaux, rares étaient les responsables politiques qui osaient remettre le système en question. La France et la Belgique francophone partagent non seulement une langue et une culture, mais aussi une fâcheuse tendance à faire la politique de l’autruche ». Fin de citation.

Dans De Morgen, un autre point de vue. « Un malaise général est bel et bien palpable chez les jeunes Flamands ainsi qu’une frustration face aux nombreux problèmes mondiaux. Au nord du pays, il manque un élément déclencheur concret pour pousser les foules dans la rue. Les Belges francophones regardent souvent la télévision française et y voient exploser les protestations. En Wallonie, les économies imposées à l’enseignement sont beaucoup plus importantes qu’en Flandre. »

 

Un pays ingouvernable ?

Billet d’humeur.

Voilà quelque temps déjà que l’on peut s’interroger sur la stratégie mise en place par Bart De Wever (N-VA) pour élaborer le projet de budget de l’État fédéral. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle fut peu efficace et parsemée de nombreuses suspensions. Trouver un terrain d’entente entre l’aile droite et l’aile de centre gauche de son gouvernement n’était évidemment pas une sinécure.

En remettant sa démission au Roi, il dramatise volontairement la situation, mais dans le même temps ne démontrerait-il pas que ce pays est ingouvernable ? S’il est ingouvernable, il faut donc le réformer. N’est-ce pas ce que Bart De Wever espère pouvoir faire tôt ou tard et en profondeur ?

Des élections anticipées ? avec des articles de la Constitution à modifier pour permettre la mise en place d’un État confédéral ? La Flandre y aspire, quelques Wallons aussi. Reste Bruxelles. Quel serait son statut et son mode de financement ? Nous y reviendrons, mais voici déjà trois conditions nécessaires, mais sans doute insuffisantes.

Fin de chantiers.

Il en restera encore beaucoup et de de longue durée, mais cela ne devrait pas nous empêcher de nous réjouir de ceux qui sont enfin en voie d’achèvement. La plupart sont des rénovations certes lourdes – mais qui ont évité des démolitions-reconstructions, comme Bruxelles en a connues dans le quartier Nord comme au Midi. Epinglons cependant le fait que les promoteurs n’y prévoient aucun logement à loyer modéré, mais beaucoup de kots étudiants.

Les Grands Magasins de la Bourse vont devenir The Dome, un ensemble multifonctionnel qui hébergera des commerces alimentaires, 55 logements, des bureaux et du coworking. Pas de parking mais des vélos électriques et 5 voitures électriques à disposition. Un programme assez semblable, mais avec hôtel et kots étudiants à Oxy et Brouck’R. La fin de la rénovation de l’hôtel Métropole est aussi enfin en vue.

Côté canal, une grande partie des quais ont été réaménagés et verdurisés. On assistera à l’ouverture en grande pompe du Musée Kanal qui remplace le garage Citroën, ainsi qu’à celle de son voisin le Kaaitheater. Le gros chantier de la place Sainctelette ne sera pas terminé et ne manquera pas d’y susciter des problèmes de circulation. Il faut encore citer le grand chantier  en cours pour 65 logements et bureaux Lebeau au Sablon et un peu plus bas  une demande de permis la réaffectation en flat-hotel (contestée) du beau bâtiment de Fédérale Assurance.

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